2026 année décisive pour les chasses traditionnelles
- naoualhamzaouinh
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Depuis plusieurs années, les pratiques de chasse traditionnelles en France, et en particulier celles liées à la migration de la palombe dans le Sud-Ouest, font l’objet d’un débat juridique et politique de plus en plus intense. À Bruxelles, les discussions autour de l’application de la directive européenne sur la protection des oiseaux pourraient ouvrir une nouvelle phase dans ce dossier sensible.
En 2026, la Commission européenne a lancé un processus d’évaluation approfondie des directives dites « nature », qui incluent la directive Oiseaux et la directive Habitats. Ce travail, appelé « stress test », vise à examiner la manière dont ces textes sont appliqués par les États membres, notamment en ce qui concerne la protection des espèces et les conditions de dérogation prévues par le droit européen.
Dans ce cadre, la question des chasses traditionnelles apparaît comme l’un des points les plus sensibles. Le droit de l’Union européenne prévoit en effet que certaines pratiques peuvent être autorisées à titre dérogatoire, mais uniquement sous des conditions très strictes : absence d’autre solution satisfaisante, capture en petites quantités, sélectivité des méthodes utilisées et contrôle rigoureux par les autorités compétentes.
La jurisprudence récente de la Cour de justice de l'Union européenne a renforcé l’exigence de démonstration scientifique et juridique pour justifier ces dérogations. Le simple caractère traditionnel d’une pratique ne suffit plus à lui seul à fonder sa légitimité au regard du droit européen. Cette évolution explique en grande partie les tensions observées ces dernières années autour de certaines pratiques françaises.
Pour autant, le processus d’évaluation actuellement conduit par la Commission européenne constitue aussi une opportunité. L’objectif affiché du stress test est d’analyser l’efficacité et la cohérence de la réglementation existante, mais également d’identifier les difficultés d’application rencontrées sur le terrain.
Les contributions des acteurs concernés : associations, scientifiques, gestionnaires de territoires ou représentants du monde rural, peuvent donc jouer un rôle important dans la construction du débat européen.
Dans le cas particulier de la migration de la palombe, phénomène naturel emblématique du Sud-Ouest, la question ne se limite pas à une pratique cynégétique. Elle touche aussi à l’histoire des territoires, à la transmission de savoir-faire et à la relation ancienne entre les communautés rurales et les cycles migratoires de la faune sauvage.
Dans un contexte où les politiques européennes de biodiversité évoluent rapidement, il apparaît essentiel d’apporter au débat des éléments solides : données scientifiques, analyses juridiques et compréhension fine des réalités territoriales. C’est à cette condition que les discussions engagées à Bruxelles pourront dépasser les oppositions caricaturales pour aborder sereinement la question de l’équilibre entre protection de la biodiversité et reconnaissance des pratiques culturelles locales.
Terragora suit attentivement l’évolution de ces discussions européennes et continuera à contribuer à une analyse rigoureuse et documentée de ces enjeux. L’année 2026 pourrait en effet marquer une étape importante dans la clarification du cadre juridique applicable aux chasses traditionnelles en Europe.




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