La chasse est-elle une question de genre ?
- naoualhamzaouinh
- 26 mars
- 2 min de lecture

La question peut sembler provocante, presque déplacée pour certains. Et pourtant, elle mérite d’être posée sans détour : la chasse est-elle une affaire d’hommes ?
Pendant longtemps, elle l’a été. C’est un fait. La chasse s’est construite dans un univers masculin, avec ses codes, ses rites, ses transmissions de père en fils. Elle s’est ancrée dans un imaginaire fait de force, d’endurance, de territoire, où la figure du chasseur était presque exclusivement masculine.
Mais cette réalité n’est plus celle d’aujourd’hui.
De plus en plus de femmes prennent le permis de chasser. Elles ne demandent pas la permission. Elles ne cherchent pas à bousculer un ordre établi par principe. Elles viennent simplement parce qu’elles aiment la nature, parce qu’elles veulent comprendre, s’engager, pratiquer. Et elles le font avec sérieux, avec exigence, avec légitimité.
Ce mouvement n’est pas anecdotique. Il est profond. Et surtout, il est irréversible.
Il ne s’agit pas d’opposer les femmes aux hommes, ni de réécrire l’histoire. Il s’agit de constater que la chasse évolue, comme la société évolue. Et c’est une bonne chose.
Car au fond, la chasse n’a jamais été une question de genre. Elle a été une question de transmission, de responsabilité, de rapport au vivant. Réduire cette pratique à une opposition entre hommes et femmes, c’est la caricaturer.
La vérité est plus simple : on ne devient pas bon chasseur ou bonne chasseresse parce qu’on est un homme ou une femme. On le devient par l’expérience, par l’apprentissage, par le respect des règles et par l’éthique que l’on s’impose.
Ce que les femmes apportent aujourd’hui à la chasse est précieux. Une autre sensibilité parfois, un regard différent souvent, une capacité à dialoguer avec un monde extérieur qui comprend mal cette pratique. Elles participent, concrètement, à faire évoluer son image.
Et dans un contexte où la chasse est régulièrement attaquée, décriée, caricaturée, cette évolution n’est pas un détail. C’est une force.
Il faut le dire clairement : la féminisation de la chasse n’est pas une menace. C’est une chance. Une chance de sortir des clichés. Une chance de montrer que la chasse n’est pas un bloc figé, mais une pratique vivante, capable de s’adapter sans renier ses valeurs.
Ce qui serait une erreur, en revanche, ce serait de tomber dans l’excès inverse.
Opposer les femmes aux hommes, prétendre que les unes chasseraient mieux que les autres, ou que l’avenir de la chasse passerait uniquement par cette évolution. Ce serait remplacer un cliché par un autre.
La vraie question n’est pas là.
La vraie question est de savoir quelle chasse nous voulons défendre aujourd’hui. Une chasse responsable, sécurisée, assumée, capable de dialoguer avec la société sans se renier. Une chasse qui accepte d’évoluer sans perdre son identité.
Et dans cette chasse-là, il n’y a pas de débat sur la place des femmes. Elles y sont déjà. Pleinement. Légitimement.
La chasse n’est pas une question de genre. C’est une question d’engagement. Une question de respect. Une question d’avenir.
Et cet avenir se construira avec celles et ceux qui choisissent de s’y investir. Ensemble.




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