L'eau : un bien commun ou une indignation à géométrie variable ?
- naoualhamzaouinh
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

Si l'eau est un bien commun, alors chaque gaspillage devrait susciter la même vigilance.
Pourtant, le débat public semble parfois appliquer des standards différents selon les situations.
Lorsque des arrêtés préfectoraux limitent les prélèvements agricoles, les réactions sont immédiates. Les agriculteurs sont rappelés à leurs obligations, les débats deviennent nationaux et la question de l'intérêt général est mise en avant. Le respect de ces règles est essentiel : nul ne peut s'affranchir de la loi.
Mais qu'en est-il des autres formes de gaspillage ?
Chaque été, dans plusieurs grandes agglomérations, des bouches à incendie sont ouvertes illégalement pour créer des jets d'eau. Ces ouvertures peuvent entraîner la perte de volumes importants d'eau potable, perturber le fonctionnement du réseau et, dans certains cas, réduire la disponibilité de la ressource nécessaire à la lutte contre les incendies. Elles mobilisent également les services publics pour remettre les installations en état et sécuriser les lieux.
Ces actes sont interdits et ne sont pas sanctionnés.
Pourtant, ils ne donnent généralement pas lieu au même niveau de débat national ni à la même intensité de mise en cause d'une catégorie de la population.
Ce contraste interroge.
Il l'est d'autant plus que, quelques semaines plus tard, lorsque des incendies ravagent nos campagnes, ce sont les agriculteurs qui mobilisent spontanément leurs tonnes à eau, leurs tracteurs et leur connaissance du terrain pour venir en appui des sapeurs-pompiers.
La même ressource qui fait l'objet de tensions devient alors un outil indispensable pour protéger les habitants, les exploitations agricoles, les massifs forestiers et la biodiversité.
La véritable question n'est donc pas de savoir qui mérite d'être désigné comme responsable.
La véritable question est celle de notre cohérence collective.
Préserver l'eau suppose la même exigence envers tous les usagers : collectivités, particuliers, entreprises, monde agricole et pouvoirs publics.
Parce que l'eau ne devrait jamais être un sujet d'opposition entre les Français, mais un projet commun de responsabilité et de résilience.




Commentaires