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Les mêmes causes produisent les mêmes effets

Le 24 septembre 2025, le Conseil d’État a suspendu l’arrêté autorisant la chasse traditionnelle de l’alouette par pantes dans quatre départements du Sud-Ouest.Une fois encore, le même scénario s’est répété. Les mêmes arguments ont été présentés, les mêmes règles de droit invoquées, et, logiquement, les mêmes conclusions tirées. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.



Ce qui surprend, c’est l’implication de la LPO. Car son président, Allain Bougrain-Dubourg, avait lui-même déclaré par le passé qu’il n’était « pas fondamentalement opposé » aux filets, du moins pas dans l’absolu, à condition qu’ils soient encadrés. Beaucoup s’étaient accrochés à ces mots, comme à une promesse de dialogue. Mais dans les faits, la LPO s’est retrouvée aux côtés de One Voice, main dans la main, pour obtenir la suspension immédiate de l’arrêté. Les paroles laissaient entrevoir un possible compromis, les actes ont choisi le camp de la rupture.


One Voice et la LPO ont saisi le juge des référés. Elles demandaient en urgence la suspension de l’arrêté ministériel du 28 août 2025.Leur argumentation s’articulait autour de plusieurs points :

  • l’arrêté autorisait la capture de près de 100 000 alouettes en deux mois,

  • l’espèce est classée “quasi-menacée” par l’UICN,

  • le texte reprenait, presque mot pour mot, les dispositions déjà annulées en 2022 et 2023,

  • enfin, il ne respectait pas la directive européenne Oiseaux, qui exige l’absence d’alternative satisfaisante, la sélectivité des méthodes et le respect du principe de “petites quantités”.



En face, le ministère de la Transition écologique contestait la condition d’urgence. Les fédérations de chasse, nationales et départementales, sont venues en renfort pour demander le rejet de la requête.


Le juge des référés a retenu deux points essentiels :

1. L’urgenceElle est caractérisée. La capture massive d’oiseaux appartenant à une espèce en déclin représente une atteinte grave et immédiate à l’intérêt public de conservation de la biodiversité.


2. Le doute sérieux sur la légalitéIl est avéré. L’arrêté reprenait les mêmes dispositions déjà annulées en 2022.Or, la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE, 17 mars 2021) est claire : les méthodes traditionnelles ne suffisent pas, à elles seules, à justifier une dérogation. La sélectivité n’est pas prouvée, et la capture en “petites quantités” reste invérifiable.


👉 Résultat : le juge ordonne la suspension immédiate de l’arrêté. L’État est en outre condamné à verser 6 000 € de frais de justice aux associations.



Au-delà du juridique, la portée est politique et culturelle.

  • C’est une nouvelle défaite pour la chasse traditionnelle de l’alouette.

  • C’est une confirmation de jurisprudence : la tradition n’est pas une justification suffisante face au droit européen.

  • C’est un précédent qui fragilise d’autres pratiques, comme la chasse de la palombe aux filets.


Nous sommes face à une logique implacable : en 2019, la glu. En 2022, les pantes et matoles. En 2025, les mêmes méthodes, les mêmes conclusions.


On ne peut pas continuer à rejouer indéfiniment le même match en espérant un résultat différent. Si la FNC et certaines fédérations départementales avaient accepté de travailler de façon plus étroite avec les présidents d’associations spécialisées, si elles avaient écouté ceux qui portent un regard neuf et qui refusent d’avancer avec des œillères, peut-être que ce verdict n’aurait pas été aussi prévisible. Je leur demande donc solennellement d’ouvrir ce travail collectif dès maintenant. Car seule une défense bâtie en bonne intelligence, mêlant expérience de terrain et vision stratégique, pourra donner à nos chasses traditionnelles une véritable chance d’être entendues et respectées.


Soyons lucides : tant que nous restons enfermés dans l’arène judiciaire, le verdict est écrit d’avance. Ce n’est pas un problème de dossiers, ni d’arguments, ni de mobilisation : c’est un problème politique.


  • C’est au gouvernement d’assumer la défense de nos traditions.

  • C’est au Parlement d’affirmer que ces pratiques font partie de notre patrimoine vivant.

  • C’est à l’Union européenne d’entendre que la biodiversité ne se protège pas en effaçant la ruralité.


Chaque suspension d’arrêté dépasse la question technique d’une méthode de chasse. Elle interroge la place que nous laissons à nos traditions, à nos territoires, et à ceux qui y vivent.


Nous ne pouvons plus nous contenter de subir et de constater. Chaque suspension d’arrêté, chaque décision de justice, nous arrache un peu plus de notre identité culturelle et de nos traditions. Cela ne peut pas continuer.


Aujourd’hui, j’appelle toutes celles et ceux qui refusent l’effacement de notre ruralité à se mobiliser :


  • en soutenant activement les fédérations et associations qui défendent nos chasses traditionnelles,

  • en interpellant nos parlementaires pour qu’ils prennent enfin leurs responsabilités,

  • en affirmant haut et fort que la protection de la biodiversité ne doit pas se traduire par la disparition de nos modes de vie.


Si nous voulons que nos traditions survivent, c’est maintenant qu’il faut agir, ensemble. Demain, il sera trop tard.


Et si nous continuons sur cette voie, alors, oui, les mêmes causes produiront les mêmes effets : demain, il ne restera plus aucune place pour nos chasses traditionnelles.

 
 
 

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